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Coin lecture – Rencontre avec Agnès Martin-Lugand : À la lumière du petit matin

La semaine dernière, j’ai eu la chance de rencontrer Agnès Martin-Lugand à Brest, pour la sortie de son nouveau roman À la lumière du petit matin. J’avais découvert cette auteure française lorsque j’avais lu son tout premier roman : Les gens heureux lisent et boivent du café (j’en parle ici). Agnès est très vite devenue un gros coup de coeur et définitivement mon écrivaine favorite. Imaginez ma réaction quand j’ai su qu’elle passait chez Dialogue dans ma petite ville bretonne !

 

À la lumière du petit matin

 

À l’approche de la quarantaine, Hortense se partage entre son métier de professeur de danse et sa liaison avec un homme marié. Elle se dit heureuse, pourtant elle devient spectatrice de sa vie et est peu à peu gagnée par un indicible vague à l’âme qu’elle refuse d’affronter. Jusqu’au jour où le destin la fait trébucher… Mais ce coup du sort n’est-il pas l’occasion de raviver la flamme intérieure qu’elle avait laissée s’éteindre ?

 

Hortense est une jeune femme de 40 ans, passionnée par la danse. Cette passion, elle le doit à son père qui l’a toujours poussé à réaliser ses rêves. Il lui avait construit une salle de danse dans leur maison de campagne et elle s’est construite autour de cette art. Ainsi, la danse est devenu son principal moyen d’expression. Comme l’expliquait Agnès Martin-Lugand chez Dialogues : « Elle danse plus qu’elle ne parle, c’est son moyen d’expression ».

Page après page, le lecteur comprend rapidement qu’Hortense entretient une relation avec un homme marié, du nom d’Aymeric. Cette relation, elle en est habituée. Les repas du lundi soir, les textos auxquels elle ne peux jamais répondre, l’attente d’appels et ce bonheur dans lequel elle le voit nager auprès de sa petite famille. Au fond d’elle, Hortense sait très bien qu’elle ne pourra pas avoir d’enfants avec cette homme et pourtant, elle se raccroche à l’infime espoir qu’il daigne un jour la choisir.

Après une chute qui lui vaut une belle entorse et l’arrêt de sa discipline favorite, sa relation avec Aymeric change. Qui a-t’il d’intéressant à côtoyer une maîtresse blessée et moins enjouée ? Au travers de sa solitude et de ce délaissement, Hortense va devoir apprendre à vivre autrement si elle veut être heureuse. Sa rencontre avec Elias va lui permettre de comprendre qu’elle n’a jamais réellement profité de ce qu’elle pouvait avoir. Cette chute compliquée lui permet de réapprendre à vivre correctement et surtout, elle lui permet de s’exprimer avec autre chose que son corps. Apprendre à aimer, à vivre sainement. Simplement, être heureuse.

 

Une rencontre en toute simplicité

 

Lors de la rencontre avec Agnès Martin-Lugand, j’ai été frappé par sa simplicité et sa gentillesse. Autant j’aimais énormément sa plume, autant maintenant je l’admire d’avantage. Anciennement psychologue, Agnès est aujourd’hui une auteure passionnée qui trace des portraits, des vies et qui en compte l’histoire. J’ai trouvé touchant la manière dont l’auteure créé ses personnages. Avant la rédaction de son roman, il est en effet nécessaire pour elle de faire connaissance avec le personnage : découvrir sa personnalité, sa manière de vivre et apprendre à vivre à ses côtés. Il est toujours auprès d’elle, dans un coin de sa tête avant. En un sens, si elle n’est pas en fusion avec ses personnages, la magie n’opère pas.

« Je les emmène chercher les enfants à l’école, je les emmène faire les courses avec moi »

Comme elle le racontait lors de cette rencontre, les personnages elle les côtoie, elle apprend à les connaître mais ce sont eux qui décident de ce qu’il veulent faire. Parfois, il lui arrive d’écrire certains passages de son roman et puis les personnages décident d’y donner un tout autre tournant. C’est ce qu’elle aime, ne pas savoir à chaque instant ce qu’il va arriver. Il y a une anecdote qui m’a beaucoup fait rire, et qui montre à quel point Agnès vit avec ses personnages. Lors de l’écriture de son roman Désolée, je suis attendue, l’auteure rédigeait une dispute entre le Yaël et Bertrand. A la suite de cette dispute, Agnès est sortie brutalement dans son jardin et a crié à son conjoint : « Tu ne te rends pas compte de ce que Bertrand vient de me faire ! ».

Quand la fin du roman approche, il est tant de laisser partir ses personnages pour les laisser entre les mains des lecteurs. Cette rupture n’est jamais évidente chez un auteur. On s’attache aux personnages, on les fait vivre et on se voit contraint de les laisser partir. Mais c’est le jeu, et Agnès l’accepte. Quelque part, elle n’oublie jamais les personnages qui l’ont suivit durant une année. Mais elle referme le livre de cette belle aventure pour en écrire un nouveau. Durant la rencontre, Agnès a affirmé que dans l’un de ses un prochains romans, elle donnerait des nouvelles de Diane et Edward (Les gens heureux lisent et boivent du café) comme elle l’a fait pour Iris et Gabriel (Entre mes mains, les bonheur se faufile). Je trouve que cela ajoute une nouvelle perspective intéressante à son écriture.

On s’attache aux personnages, on les fait vivre et on se voit contraint de les laisser partir.

Concernant le prochain roman, elle n’a dévoilé aucune information. La surprise sera encore plus grande ! J’ai hâte de découvrir le prochain portrait pour rentrer à nouveau dans cet univers plein d’émotions.

 

Connaissez-vous Agnès Martin-Lugand ? Que pensez-vous de ses romans ?

 

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